Récession : pas de reprise économique à attendre, au moins avant plusieurs mois
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Récession : pas de reprise économique à attendre, au moins avant plusieurs mois

Les espoirs d’un rebond rapide de l’économie française après le déconfinement sont douchés. Notre économie n’a rien à voir avec celle des USA. Si le chômage record outre-atlantique ne fait peur à personne, en France, l’on sait combien remonter la pente sera longue et difficile. La Banque de France estime que l’Etat devra intervenir de façon sélective pour aider entreprises et ménages.

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L’Europe se prépare à subir la plus grande récession depuis la seconde guerre mondiale. Les espoirs d’une reprise forte, une fois la période de confinement terminée, se sont envolés. Le chômage va partir en flèche, avec un nombre de faillites record. Les investisseurs commencent à raviser leur jugement optimiste d’une reprise, comme avant, les indicateurs macroéconomiques sont historiquement bas.

La reprise de l’économie française prendra du temps

La reprise de l’économie française "prendra du temps" et l’Etat devra décider d’actions "sélectives" pour soutenir les entreprises et les ménages, a estimé mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. "Les espoirs initiaux étaient ceux d’un rebond rapide (...). Il est clair aujourd’hui que ce rebond prendra du temps, et supposera (...) des actions d’accompagnement de la reprise qui soient patientes et sélectives", a affirmé le gouverneur lors d’une audition devant les commissions des Finances et des Affaires européennes de l’Assemblée nationale.

Aucune hausse d’impôt à venir

Une hausse d’impôt à venir serait suicidaire. Les annonces officielles dans ce sens ont été multiples, mais visiblement certains médias continuent de se faire l’écho d’une telle possibilité. François Villeroy de Galhau a une nouvelle fois rejeté, comme le gouvernement, toute hausse d’impôt qui aurait un "effet récessif" en limitant le rebond de la consommation des ménages, alors que l’épargne de ces derniers a gonflé, atteignant "au moins 15 milliards d’euros sur mars et probablement une soixantaine d’ici fin mai". Si une mesure fiscale était envisagée, "il faudrait privilégier des incitations temporaires et ciblées à consommer leur épargne", a-t-il dit.

Imputation directe des pertes pour les entreprises

Du côté du soutien aux entreprises, et alors que le gouvernement envisage des mesures de renforcement de leurs fonds propres, il a proposé une "imputation immédiate des pertes 2020 sur l’impôt sur les sociétés de 2019 et des années antérieures". Il a aussi estimé que les secteurs dont l’activité a été longtemps arrêtée devraient bénéficier d’aides spécifiques.

L’éternelle crise de la dette

Par ailleurs, le soutien de l’Etat sera "un défi pour les finances publiques", a-t-il prévenu. "A court terme, il faut prioriser tout ce qui est dépenses temporaires, voire dette réversible comme l’investissement en quasi-fonds propres des entreprises ; et à l’inverse, il faut éviter des dépenses ou des baisses d’impôts permanentes qui pèseraient, de façon elles injustifiée, dans l’après-crise", a-t-il jugé. Il a estimé que la dette "héritée de la crise" pourra "nécessiter un traitement séparé", qui aurait le "mérite de gagner du temps, c’est-à-dire d’en repousser à plus long terme l’amortissement".

Pour la dette à moyen terme qui servira à financer le futur plan de relance, il a défendu la proposition française d’une "mutualisation" des investissements au niveau européen via un fonds dédié.

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