Épargne : comment orienter l’épargne forcée vers le financement de l’économie réelle ?

Sarah Zamoun, responsable Distingo, leur apporte son éclairage sur les différents outils leur permettant de concilier épargne, liquidité et investissement dans l’économie réelle.

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Comment orienter l’épargne forcée vers le financement de l’économie réelle ?

Selon l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques, l’épargne financière accumulée depuis mars 2020 atteint 85,6 milliards d’euros à fin juillet. En juillet, les Français ont même épargné 16 milliards d’euros contre en moyenne 6 milliards d’euros par mois depuis 2017. Un record. Une partie de cette épargne a été placée sur les livrets réglementés gérés par la Caisse des Dépôts (CDC) qui apporte d’ailleurs 26 milliards d’euros au plan de relance du gouvernement. Ce plan France Relance s’efforce de flécher une partie de l’épargne des Français vers l’investissement dans l’économie réelle. Si ces efforts sont notables, ils ne mobilisent pourtant qu’une partie de l’épargne forcée constituée par les ménages français depuis mars. Dans ce contexte, sur quels outils peuvent s’appuyer les Français désireux de participer, via leur épargne, à la relance de l’économie ?

En effet, tous les Français ne sont ni des business angels à même de financer la prochaine licorne, ni à l’aise avec les fluctuations de la bourse. La crainte d’une crise profonde occasionne un besoin de liquidité chez les épargnants qui sont dans le même temps incités à consommer.

Désépargner pour consommer : oui, mais pas n’importe comment !

La consommation est un levier de relance, mais notre époque est marquée par l’urgence écologique qui invite à consommer de façon responsable. Par ailleurs, notre économie est une économie ouverte donc chaque euro consommé constitue un revenu potentiel pour un agent économique qui se situe hors de France, voire hors de l’Union Européenne.

Ainsi, désépargner en consommant ne peut-être vertueux que si les achats se dirigent vers des produits conçus en France ou en Europe et dont la finalité est positive d’un point de vue écologique. Inciter les Français à isoler leurs maisons ou s’équiper de panneaux solaires constituent des exemples de mesures vertueuses de relance par la consommation.

Toutefois, en cette période particulière, demander aux Français de consommer n’est pas aisé. Pour répondre à cette problématique, il existe des outils financiers simples qui leur permettent de se prémunir de l’incertitude via l’épargne, tout en impactant positivement l’économie réelle.

Quelles solutions pour les Français désireux de participer au financement de l’économie tout en satisfaisant leur besoin de liquidité ?

Aujourd’hui, pour nombre de Français, épargne doit rimer avec liquidité. Et pour être utile à la communauté, cette épargne doit se fonder sur un sous-jacent ancré dans l’économie réelle. La proposition de la Convention Citoyenne de permettre un fléchage des dépôts sur livret A, Livret d’Épargne Populaire et Livret de Développement Durable et Solidaire vers des projets écologiquement responsables est, dans cette logique, une proposition qui mérite que l’on s’y attarde.

Si les Français connaissent bien ces produits (en témoigne l’explosion des dépôts sur le livret A), ils sont soumis à des plafonds et/ou des conditions de revenus. Les Français qui le souhaitent peuvent donc se tourner vers des livrets et comptes à termes fiscalisés, proposés par les banques, plus rémunérateurs et tout aussi garantis. Ils fonctionnent comme les livrets réglementés, à cela près que les banques en fixent librement les conditions de fonctionnement et qu’ils sont imposables.

Les épargnants devront veiller à ce que la destination finale des fonds qui y sont placés se situe dans l’économie réelle, et pourront ainsi satisfaire à la fois leur besoin de conserver de la liquidité, de faire fructifier leur argent, et de participer au redressement de l’économie.

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