(Taux brut, soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30% (PFU ou Flat Tax), ou sur option, à l'imposition sur vos revenus, ajoutés des prélèvements sociaux.)
(Taux épargne réglementée nets d'impôts et des prélèvements sociaux, taux en vigueur au 1er janvier 2018, jusqu'au 1er février 2020)
(Taux nets après déduction de la Flat Tax de 30% sur les placements épargne logement ouverts après le 1er janvier 2018).

Perspectives de l’Union Bancaire Privée pour 2019 : opportunités et menaces dans un monde désynchronisé

Alors qu’un certain nombre de signaux laissent envisager une bonne tenue des marchés en 2019, la fragmentation de l’économie mondiale sera le thème dominant de l’année à venir.

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Faisant suite à deux années d’accélération, la croissance mondiale devrait revenir à 3,5% en 2019, après avoir atteint 3,7% en 2018, soit une prévision légèrement en dessous des projections du FMI, qui table encore sur une hausse de 3,7% pour l’année à venir. Un ralentissement est attendu dans toutes les régions, et la croissance devrait être de moins en moins synchronisée entre les diverses zones.

Cette divergence de rythme sera notamment alimentée par la montée des risques politiques, la révision du cadre des échanges mondiaux et le retour des contraintes monétaires.

Les perspectives de l’Union Bancaire Privée sur les grandes thématiques de l’année à venir sont les suivantes :

Etats-Unis

Si les perspectives de croissance ralentissent dans le monde entier, l’économie américaine devrait conserver un rythme supérieur à celui des autres pays développés, avec 2,5% attendu en 2019. L’investissement et la demande domestique devraient continuer à être soutenus par la réforme fiscale en faveur des entreprises, ainsi que des taux d’intérêt encore bas, sans oublier les mesures incitant les sociétés à créer des emplois localement. Les projets de travaux d’infrastructures présentés au début du mandat de Donald Trump pourraient être réactualisés en 2019, et ils constitueraient un nouveau soutien à la demande de la part du secteur public.

Zone euro

En zone euro, l’activité passerait de 2,1% en 2018, pour revenir sous la barre des 2% en 2019, à 1,9%. L’Europe est affectée par la montée des tensions avec les Etats-Unis et, après la hausse des droits de douane sur l’acier, il n’est pas certain que les automobiles européennes puissent passer au travers d’un réexamen de ces mesures tarifaires. Par ailleurs, le Vieux Continent a également mis du temps à reconstruire le capital détruit lors de la crise financière, et sa croissance potentielle reste modérée, tandis que des économies comme la Grèce et l’Italie accusent encore des fragilités structurelles et ont peu de latitude sur le volet budgétaire.

Japon

La stabilité politique devrait aider le gouvernement à finaliser la transformation de l’économie et de la société, mais la croissance potentielle demeure inférieure à 1% en raison d’une population vieillissante et d’un investissement public moins porteur que par le passé. La consommation devrait afficher une hausse modérée et, malgré le dynamisme de l’investissement privé et les efforts déployés en matière d’automatisation et de robotisation, la croissance pourrait rester proche de 1% en 2019.

Chine

En 2019, la croissance chinoise devrait se stabiliser autour de 6%. La fin d’année a assisté à une modération de l’activité, mais elle n’est pas encore imputable aux contraintes sur les exportations en direction des Etats-Unis.

Pays émergents

Les perspectives de croissance dans les autres pays émergents se sont aussi modérées au moment des tensions observées sur certaines devises en 2018, et vu les resserrements monétaires ou budgétaires qui ont suivi. Un ralentissement prononcé guette les pays les plus en crise tels que l’Argentine et la Turquie, alors que des politiques économiques plus rigoureuses, voire contraignantes, ont été mises en place dans d’autres pays, comme en Indonésie et en Inde, ce qui devrait se traduire par une activité modeste en début d’année prochaine mais susceptible de reprendre de la vigueur par la suite. Les disparités au sein des pays émergents seraient donc importantes en 2019.

Brexit

Même si les détails des conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’UE ont pu être finalisés récemment, le fait de devoir conclure l’accord avec un parlement britannique divisé reste un formidable défi. Si l’accord échoue au parlement et que le 29 mars 2019 voit émerger un Brexit « dur », les dommages sur l’économie outre-Manche seront considérables : la croissance pourrait ainsi baisser de 5% en moyenne, voire chuter de 8 à 10% au cas où les autres partenaires commerciaux du pays, comme les Etats-Unis, devaient reporter la signature de nouveaux accords. Par contre, avec un scénario inverse, les perspectives sur le Royaume-Uni sont nettement plus réjouissantes. Si tout se passe bien et que la confiance s’améliore à nouveau, la croissance britannique pourrait renouer avec un rythme de 2%.

Inflation

Selon notre scénario, cette inflation devrait normalement se stabiliser l’année prochaine entre 2% et 2,5% aux Etats-Unis, et autour de 2% dans les pays européens, en l’absence de nouveaux chocs sur les devises et les matières premières. Au sein des pays émergents, l’inflation devrait mécaniquement remonter dans les pays qui ont vu leur devise se déprécier fortement en 2018, mais ces effets devraient se réduire progressivement, en raison notamment de la mise en place de politiques économiques plus contraignantes pour la demande.

Actions

Depuis 2013, qui marque la fin de la crise en zone euro, les actions américaines affichent une surperformance significative en comparaison de leurs homologues des autres grandes régions du monde. En 2019, cette « exception américaine » devrait cependant commencer à s’éroder. L’expansion des ratios P/E a en effet largement participé à la surperformance des actions américaines par rapport à leurs homologues européennes et japonaises. Les investisseurs sont disposés à payer des ratios P/E plus élevés pour les entreprises américaines car le secteur de la technologie occupe une place importante parmi les sociétés outre-Atlantique. Malheureusement pour les investisseurs, la tendance d’appréciation (« rerating ») des P/E qui s’observe depuis 2013 au sein du secteur technologique devrait toucher à sa fin. La dernière période de forte surperformance européenne par rapport aux Etats-Unis, à savoir de 2003 à 2007, a coïncidé avec une période de sous-performance significative du secteur technologique face aux autres secteurs. Ainsi, vu la perte de dynamique attendue sur la technologie, les actions européennes pourraient commencer à rattraper les valeurs américaines. Au sein de ces valeurs européennes les actions suisses méritent d’être considérées ; en effet elles possèdent une dynamique propre bénéficiant par ailleurs d’une stabilité politique qui contraste avec le reste de la zone européenne.

Obligations

Aux Etats-Unis, un changement de rythme sur la normalisation des taux américains constituerait un choc important car les marchés monétaires tardent à retenir le scénario implicite de la Fed, qui prévoit trois étapes de relèvement des taux directeurs en 2019. En cas de « spirale salaires-inflation », la Fed pourrait opter pour quatre hausses de taux, avec la possibilité d’adopter un rythme accru de 50 points de base (pb), au lieu de 25 pb. Dans un tel scénario, les taux longs obligataires seraient voués à remonter fortement. En Europe, les rendements obligataires restent actuellement proches de leurs plus bas historiques, et les spreads de crédit restent extrêmement tendus. Avec trois ans de décalage face aux marchés américains, les marchés européens devraient logiquement faire l’objet d’un repricing et d’une pentification des courbes de taux dans un contexte dominé par la perspective de l’arrêt des rachats obligataires de la BCE.

Allocation d’actifs Allocation d’actifs L’allocation d’actifs est étape de la construction d’un patrimoine, portefeuille ou stratégie d’investissement, permettant de répartir les investissements en fonction de l’espoir de gains et du niveau de pertes financières maximales acceptées par l’investisseur. Cette exposition maximale aux risques de pertes financières est déterminée par son profil de risque investisseur.

Sur les marchés actions, les actions européennes et japonaises offrent des valorisations attractives face aux actions américaines, ce qui nous amène à les privilégier dans notre allocation d’actifs. Sur le plan sectoriel, nous privilégions les entreprises les plus innovantes, notamment dans le secteur de la santé, alors que le secteur technologique pourrait s’essouffler. Sur les marchés obligataires, nous entendons maintenir en 2019 notre exposition de duration courte (« short duration ») sur les Etats-Unis et restons prudents sur les marchés obligataires européens du fait de la pentification à venir de la courbe des taux. Plus généralement, compte tenu des perspectives de performances modestes sur l’ensemble des classes d’actifs pour 2019, nous encourageons les investisseurs à opérer un repositionnement tactique du côté des produits convexes (dont les convertibles) et des stratégies de hedge funds,

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